Photo d'un boxeur qui lance un jab à l'entrainement

Comment faire un Jab ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir dans ce guide complet

Découvrez comment faire un jab en striking comme en MMA

En garde classique, un jab (ou direct du gauche) est un coup de poing envoyé en avant, en ligne droite.

C’est le premier coup que l’on apprend en boxe anglaise, comme en boxe thaïlandaise.

Ce n’est pas le plus sexy, mais c’est sans aucun doute le plus utilisé.
Il est plus utile que l’uppercut ou le crochet réunis.

C’est le coup le plus long, le plus rapide, le plus susceptible de toucher et le moins susceptible de s’exposer à l’adversaire.

C’est un coup qui ne dépense pas beaucoup d’énergie et, si on le souhaite, permet de récupérer au cours d’un combat en maintenant l’adversaire à distance.

A quoi sert un Jab ?

Un jab a plusieurs utilités :

  • Evaluer la distance
  • Maintenir l’adversaire à distance
  • Toucher l’adversaire et casser son rythme
  • Feinter
  • Initier un combo
  • Pousser l’adversaire
  • Créer des ouvertures

Et bien sûr, blesser l’adversaire.

Chaque façon dont le direct du gauche sera lancé peut avoir une ou plusieurs utilités, que ce soit offensif ou défensif.

Par exemple, un jab lancé rapidement, sans chercher à blesser, aura pour but d’évaluer la distance de notre adversaire et de le tester sur sa réaction défensive.
Je vous invite d’ailleurs à jeter un oeil à cet article à l’occasion, sur l’intérêt des jabs légers.

Un direct du gauche plus puissant peut être une bonne façon de faire peur à son adversaire.

Initier un mouvement de jab sans le terminer peut servir à faire des feintes et ainsi, déstabiliser son adversaire, ne sachant lire/prédire votre façon de boxer.

Mais d’abord, commençons par le commencement : comment lancer un jab ? 

Il faut déjà partir de la position de base.

Prenons donc celle d’un boxeur droitier, qui est valable pour la majorité des boxeurs.

Techniquement, comment faire un Jab ?

Pour lancer un jab, il faut :

  • Être en position de garde, les mains à hauteur des joues, bras fléchis, les coudes collés au corps
  • La main arrière se trouve à droite, à la pointe du menton
  • La main avant, ou plus précisément le poing qui sert à faire le jab, est à environ 10-20 cm en avant de la tête, prêt pour un coup de poing direct
  • Le pied avant (le gauche) a un angle légèrement dirigé vers l’adversaire, le pied droit est en diagonal à 45 degrés

C’est la bonne posture pour lancer tous les coups. Et donc, un jab.

Pour le lancer, il faut tendre le bras gauche. 
Le but doit être de tracer une ligne droite vers la cible.
La tête ne doit pas bouger. 

Entraine-toi d’abord à tendre le bras en te regardant devant un miroir. 

Ensuite, tu vas tourner le haut de ton buste, mais visuellement, c’est surtout ton épaule qui va pivoter.

C’est ce mouvement qui va grandement participer à délivrer la puissance.

Une fois que cela sera fait, il y a plusieurs options

  • Soit tu es à bonne distance et tu ne bouges pas tes jambes
  • Tu peux avancer ton pied gauche et gagner de la distance
  • Tu peux aussi être un peu plus technique en tournant le pied vers l’intérieur pour avoir un peu plus de puissance
    Pour ce faire, regarde ton genou: il doit aller vers l’intérieur
    Visuellement, c’est comme si tu écrasais une cigarette avec ton pied gauche

    Ce mouvement aura pour conséquence de tourner ta hanche, entrainant, encore davantage, ton épaule et ton bras


  • Tu peux aussi avancer ton pied gauche ET tourner le pied vers l’intérieur, afin de gagner de la distance et de la puissance

Je te conseille de travailler toutes ces variantes de jab, dans cet ordre.
Par exemple, en pratiquant 100 directs du gauche puissants chaque jour. 

Egalement, essaye de lever ton épaule avant: cela te permettra d’atteindre plus facilement ta cible et de protéger ton menton des coups de ton adversaire.

Donc en perfectionnant ta défense.

Pendant que ta main gauche part dans la direction de ton adversaire, ta main droite reste sur ta joue droite, te protégeant des coups de ton adversaire, mais te donne aussi la possibilité d’enchainer avec un autre coup.

Au moment de l’impact, tu dois resserrer ton poing afin de bénéficier de la puissance maximale.
En effet, si tu contractes ton poing, ton bras ou ton épaule avant l’impact,  cela ralentit ta vitesse, réduit ta puissance, et consomme ton énergie inutilement. 

Une fois le jab terminé, rentre le bras immédiatement pour continuer à envoyer des coups ou te défendre.

Voilà, tu as les bases techniques !

Un jab en MMA

Penchons-nous sur les erreurs les plus courantes

Car oui, si tu es ici, il y a de fortes chances que tu débutes la boxe ou le pied-poings et donc, tu risques de faire les quelques erreurs suivantes. 

Laisser le bras tendu

Une fois le coup lancé, remets immédiatement le bras avant sur ta tête. 

Un jab est souvent contré, donc pense à bien te remettre en position de garde comme vu plus haut, voire même à le mettre sur ta joue si tu te sens en danger. 

Si tu tends rapidement ton bras pour envoyer un jab, mais que tu ne le remets pas instantanément en place, tu perds une grande partie de son efficacité défensive. 

Donc fais bien l’effort de le remettre en place aussi rapidement que tu l’as envoyé. 

Baisser la main droite

Un Jab en boxe anglaise

Si tu te concentre trop sur ton jab et que tu ne te protèges pas avec ta main droite, cela donnera une occasion en or pour ton adversaire de te contrer avec un crochet du gauche.

Garde ta main droite vissé sur ta joue jusqu’au moment où le coup porté touche ta cible. 

Au moment où tu rentres ton jab pour le remettre sur ta joue gauche, tu peux envoyer ta main droite pour un nouveau coup. 

Mais JAMAIS avant. 

Se pencher en avant

La plupart des débutants cherchent à gagner de la distance en penchant leurs corps en avant, leurs têtes avec. 


Tu dois absolument éviter ça. 

Car, non seulement tu perds en puissance en faisant cela (car le mouvement pour délivrer la puissance n’est pas respecté), mais tu t’exposes aussi et surtout aux contres de ton adversaire, lui donnant ton menton en cadeau. 

Tu dois rester sur tes appuis à n’importe quel moment, que tu attaques ou pas. 

Pour gagner de la distance lors d’un jab, avance le pied gauche au moment où tu le lances. 

C’est la bonne façon de faire. 

Une fois le pied avancé et que le jab touche sa cible, n’oublie pas de ramener ta jambe droite pour te remettre en bonne position de garde. 

Quelle est l’utilité du jab en MMA ?

Un jab dans la tête en MMA

Par rapport à la boxe anglaise ou le Muay Thai, les gants de MMA sont plus fins.

La gestion de la distance ne sera donc pas la même.

L’idée est de rentrer de quelques centimètres de plus dans la garde de ton adversaire.

Cela passe par le step, qui sera plus grand.

Bien souvent, rentrer dans la garde en MMA passe par les poings.

Le Jab est également plus utilisé comme outil de diversion qu’en boxe anglaise ou MMA.

En effet, lors d’un sparring, vous devez être concentré sur toutes les potentialités, les attaques possibles de votre adversaire (pieds, poings, takedowns).

Il y a plus d’éléments à analyser qu’en boxe anglaise ou en Muay Thai.

Certains combattants professionnels utilisent un jab pour perturber l’adversaire, gênant l’adversaire d’une probable attaque.

C’est ce que fait d’ailleurs Salahdine Parnasse sur la vidéo devenue virale de Karate Bushido, où Greg MMA subit les assauts répétés de son adversaire sans même oser l’attaquer.

Au début, on peut se dire que Greg a peur de Salahdine, mais c’est une réponse incomplète.

Il a peur de son Jab.

Salahdine étant gaucher, Greg n’est sûrement pas habitué à être face à un adversaire avec cette caractéristique.

Regarder bien le 1er round et vous verrez la main droite de Salahdine faire des feintes et des micro-feintes, empêchant Greg de se concentrer sur l’analyse globale du combat.

Salahdine pratique également des décalages, qui permettent de faire des transitions sur des kicks, mais aussi sur des takedowns. Très efficace en MMA, nous verrons cela plus bas.

Mindgame

Le but ici est de comprendre comment votre adversaire utilise son jab, afin de riposter dans les meilleures conditions.

L’analyse et l’exploitation des habitudes d’un combattant fait partie de ce qu’on appelle « l’intelligence de combat ».

On peut donc perturber son fonctionnement en ripostant instantanément après son jab, mais aussi en agissant en amont de son attaque.

Imaginez : vous avez remarqué que votre adversaire, dès qu’il se sentait en confiance avec la distance, envoyait un jab dans vos yeux en vue de placer un Middle avec son pied droit.

La prochaine fois qu’il envoie ce jab, choisissez vos options : un teep, un blocage remise, saisie de la jambe suivie d’un contre violent, etc.

A vous de voir.

Passons maintenant au côté pratique.

Les meilleures utilisations du Jab

Jab-Cross, un classique

Ce combo fait partie des basiques à maitriser.

Le jab, comme en boxe, sert sutout à prendre la distance et le direct du droit à faire mal.

Une fois cet enchainement maitrisé, on peut additionner des coups à la fin du direct, comme par exemple un crochet du gauche, un coup de poing direct, ou encore un low kick.

Si vous êtes débutant, c’est la base.

Un Jab envoyé dans la tête lors d'un combat de MMA

Multiplier les jabs en MMA

Ceci n’est pas vraiment un combo, mais c’est un autre classique.

Lancer un jab a plusieurs utilités, comme vu plus haut, dont créer des ouvertures.

Plus vous aurez un jab technique, sans défaut et rapide, plus vous serez imprévisible.
Mais cela ne suffira pas.

Multiplier les jabs en MMA permet de rajouter une part de hasard.

Doubler les jabs est très courant.

Par exemple, si, de temps en temps, au lieu de faire un jab-cross, vous décidez de faire jab-jab-cross, votre adversaire sera surpris.

Prendre l’habitude de faire 2-3 jabs à la suite est une bonne chose.

Certains coachs vous diront que multiplier les jabs à l’infini est une bonne chose.

Je ne le recommande pas forcément.

Le problème, c’est que si vous n’attaquez qu’avec des jabs, vous allez prendre l’habitude de ne faire que ça.

Je le sais, car beaucoup sont passé par là, moi compris.

Il faut savoir se protéger, mais aussi et surtout blesser son adversaire.

Ne prenez donc pas l’habitude de dépasser 3, voire 4 jabs quand vous êtes débutants.

L’idée est que le jab vous serve à placer vos autres coups (ou à partir en lutte).

Le jab pour distraire

Comme vu plus haut dans l’échange entre Salahdine et GregMMA, un jab va vous servir pour perturber votre adversaire.

C’est une des meilleures façons de l’utiliser.

Pour perturber votre adversaire avec un jab, on peut :

  • Multiplier les jabs
  • Initier le mouvement d’un jab sans le terminer
  • Toucher les gants de l’adversaire
  • Lancer des jabs dans les airs
  • Tendre le bras sur les côtés
  • Lever/Baisser le bras
  • Bouger la main
  • Bouger l’épaule gauche

Le combattant UFC Dustin Poirier utilise souvent son jab pour perturber ses adversaires.

On peut le voir pratiquer ces différentes techniques lors de son combat contre une autre superstar de l’octogone, Max Holloway.

Surtout en début de combat, quand les deux adversaires se jaugent.

Une fois perturbé, cela laisse la place à de belles ouvertures comme un double leg, un middle ou un cross.

Le jab de déplacement

Peu utilisé, c’est selon moi l’une des meilleures utilisations du jab.

En effet, les pas de côté et décalages sont peu courants en boxe, mais plus exploité en MMA.

Ils servent à créer des opportunités et permettent de se sortir de situations critiques, comme par exemple quand votre adversaire vous cornerise, vous rouant de coups.

Pour être plus précis, c’est donc un jab couplé à un décalage qui est une des variantes à maitriser selon moi.

Il faut donc plus travailler ses pas de côté que le direct du gauche en lui-même, car le jab est naturellement le mouvement le plus adapté.

Vous pouvez par exemple utiliser une échelle d’agilité pour travailler vos décalages.

Le décalage en MMA permet à la fois de :

  • Déstabiliser/défocus l’adversaire
  • Éviter les attaques
  • Créer des ouvertures sur le côté avec des angles d’attaques
  • Force votre adversaire à réagir : c’est vous qui imposez le rythme

Après un jab de déplacement/décalage, vous pouvez au choix aller au sol ou faire du striking.

Technique complètement sous côté.

A pratiquer régulièrement pour ajouter des cordes à votre arc.

Le Jab à la hanche

C’est une pure technique de MMA.

Le jab est dans un premier temps envoyé à la tête ou au corps et, dans un second temps, au lieu de ramener le bras pour se remettre en garde, le bras vient s’enrouler autour de la taille ou des jambes de l’adversaire pour placer un takedown.

Le but étant de profiter du gain de distance qu’occasionne le jab pour pratiquer des techniques rapprochées comme la lutte, mais aussi des genoux, coudes, uppercut.

Cette technique et ses variantes sont utilisées pour passer du striking au sol.

On peut par exemple feinter au lieu d’envoyer un jab, comme dans cette vidéo.

Mieux vaut pratiquer cette technique lentement, en slow motion, car si elle est mal maitrisée, elle vous expose à des contres du genou foudroyants.

Le Superman Jab

Technique signature de George Saint-Pierre, le superman jab est une des meilleures façons de placer un jab.

L’idée est de faire un jab sauté, ce qui permet de gagner de la distance et d’avoir plus d’impact.

En plus d’avoir du style.

Je vous mets un tuto ici, ce sera plus simple à regarder qu’à expliquer.

Cette technique est très intéressante, surtout pour les personnes qui affrontent régulièrement des adversaires plus grands qu’eux ou avec une meilleure allonge.

En effet, certaines personnes sont parfois difficiles à toucher et on se demande comment s’y prendre.

Il existe plusieurs solutions bien sûr. Le Superman Jab en est une.

A intégrer à votre panel de coups donc, même si vous êtes débutant.

Varier l’intensité et la vitesse des jabs en mma

La plupart des débutants n’ont qu’une seule manière d’envoyer un jab.

Il faut en avoir au minimum 3 pour être un combattant polyvalent.

Le but est toujours le même : être imprévisible, perturber votre adversaire, créer des ouvertures, etc.

Quelles sont les variantes du jab ?

On peut jouer sur différents critères pour changer son jab :

  • La puissance
  • La vitesse
  • L’angle
  • La zone visée
  • Les feintes de jab

A l’entrainement, la plupart choisissent un compromis entre la vitesse et la puissance.

Mais pourquoi choisir ?

Il faut travailler différents styles de jab.

Si vous venez dans votre club 3 fois par semaine, fixez-vous comme objectif de travailler votre jab le plus rapide, au détriment de la puissance, pour le 1er jour.

Le deuxième jour, fixez-vous comme objectif de placer  un maximum de jab puissant au corps.

Et le 3ème jour, placez au moins 10 feintes par sparring.

A cela, on peut ajouter les jabs doublés :

  • Jab rapide suivi d’un jab fort
  • Feinte de jab, jab
  • Jab à la tête, jab au corps
  • Jab puissant, pause, jab puissant

Etc.

Les combinaisons sont nombreuses.

Allez-y petit à petit et incorporez des techniques sur plusieurs mois, en vous forçant à les pratiquer.

Croyez-moi, ça fera toute la différence lors de vos sparrings.

Vous aurez l’impression d’avoir beaucoup plus d’opportunités d’attaque.

Je tiens également à ajouter que toutes les techniques s’apprennent de cette façon : en les pratiquant sur le long terme, jusqu’à ce qu’elles soient devenues un automatisme.

Conclusion: comment faire un bon Jab

L’idée était de vous apporter une vision d’ensemble sur les techniques de jab, mais ces techniques s’appliquent autant en boxe anglaise qu’en boxe thaïlandaise.

Que ce soit pour évaluer la distance, maintenir l’adversaire à distance, ouvrir des opportunités d’attaque, ou même pour initier des transitions vers le sol, ce coup offre une multitude de possibilités stratégiques.

Dans la boxe anglaise, le jab est souvent le premier coup enseigné, mais sa maîtrise requiert un travail constant sur la technique, la vitesse et la variété des mouvements.

En MMA, ce coup prend une nouvelle dimension, exigeant une adaptation à un environnement offrant plus d’options de frappe et de prise.

L’apprentissage du jab va au-delà de sa forme technique pour englober la compréhension de son utilisation tactique et stratégique.

Que ce soit pour les novices cherchant à améliorer leurs bases ou pour les combattants chevronnés élargissant leur répertoire, l’importance du direct du gauche dans les arts martiaux réside dans sa capacité à s’adapter à diverses situations et à évoluer avec le pratiquant.

En intégrant le jab dans son entraînement et en le pratiquant assidûment, tout pratiquant d’arts martiaux peut exploiter pleinement le potentiel de cette technique emblématique pour prendre l’ascendant sur le ring ou dans l’octogone.

Enfin, n’hésitez pas à laisser un commentaire si ces conseils vous ont été utiles et à partager vos meilleures techniques de jab dans la pratique de votre Art Martial.

Publications similaires