Regard: Où regarder pendant un combat?

Le regard du combattant: Où faut-il regarder pendant un combat ?

Que ce soit pour un simple sparring ou un combat professionnel, le regard du combattant doit être travaillé.

Nous allons voir ici les meilleurs conseils pour améliorer le regard du combattant 👇

Lors de votre 1er affrontement, vous ressentirez surement une des choses suivantes : la douleur, la peur, le stress ou le doute.

C’est parfaitement normal.

Ce sont surtout vos émotions qui vont prendre le dessus à ce moment-là.

Et c’est à ce moment qu’il va falloir les accepter pour pouvoir vous focus sur ce que vous avez à faire.

A savoir : ressortir tout ce que vous avez appris à l’entrainement.

Cependant, la plupart des coachs ne donnent pas d’instructions sur quoi regarder pendant un sparring.

Or, lors d’un échange, le regard du combattant est TRES important.

Les émotions sont-elles liées à votre regard ?

On dit que les yeux sont le reflet de votre âme.
Lors d’un combat, c’est quelque chose de partiellement vrai.

Un regard intense fera, certes, davantage peur à l’adversaire.

Mais c’est surtout le mindset qui s’impriment dans les yeux.

On peut le voir très souvent lors des face à face en conférence de presse, que ce soit en boxe ou en MMA, ou avant de lancer le combat.

On peut le voir clairement dans cette vidéo de Mike Tyson où il explique son mindset avant de monter sur le ring.

Il intimidait ses adversaires en ne décrochant jamais son regard dès lors qu’il rentrait sur le ring, démontrant ainsi sa volonté d’écraser son adversaire.

Il avoua que c’était aussi pour avoir un ascendant psychologique sur ses adversaires, car il savait que ces derniers avaient conscience de la force brute de Tyson.

Ils avaient peur.

Tyson en rajoutait une couche, en les fixant avec son regard de tueur.

On peut également voir cet échange mythique de James Thompson contre Alexander Emelianenko.

On y voit un échange intense entre deux adversaires : l’un qui à l’air d’un pitbull prêt à être déchainé.
L’autre, avec son regard du combattant, froid, prêt à vous tuer sans l’ombre d’un remord.

Un dernier tout aussi culte : celui de Wanderlei Silva contre Mirko Cro Cop.

L’un à l’air excité comme une puce, son sang bouillant dans ses veines.
L’autre, Mirko Cro Cop, le regarde d’un air déterminé, prêt à affronter ce qui va suivre, sans sourciller.

Dans ces vidéos, les athlètes étaient à un très haut niveau, se retrouvant avec les meilleurs de leurs catégories : l’enjeu est énorme et la tension palpable.

S’ils peuvent intimider leurs adversaires avec leur regard du combattant, ils ne vont pas hésiter une seconde.

Et si ça peut augmenter leur taux de testostérone et être plus agressif pour le combat, pourquoi s’en priver ?

Couper ses émotions pour être un meilleur combattant ?

Même si on vient de voir que se montrer agressif peut être intimidant, rester maître de ses émotions peut se montrer plus intéressant que de se montrer purement agressif.

La maitrise de soi amène une plus grande concentration et surtout, évite de faire des erreurs sous le coup du stress, de la peur, de l’adrénaline, de la honte, d’une confiance trop forte, etc.

Bref, de l’émotion.

Garder le contrôle de ses émotions dans la cage ou sur un ring, c’est la certitude d’avoir conscience de ce qu’il se passe et d’augmenter drastiquement ses chances de saisir chaque opportunité de la bonne façon.

Certains combattants sont d’ailleurs connus pour être d’une froideur légendaire, comme Fedor Emelianenko.

Cette stratégie permet à l’adversaire de se remettre en question s’il a l’habitude d’intimider ses adversaires :
« Mais à quoi il pense ? Il n’a pas peur ? Je le regarde depuis tout à l’heure, mais il n’a pas l’air de sourciller. Il a dû voir des choses horribles dans sa vie. Mais il devrait avoir peur de moi tout de même. Mais peut être que … ».

Certains adversaires seront sensibles à cette attitude stoïque. D’autres pas.

A adapter en fonction de chacun.

Le regard du combattant : Existe-t-il des stratégies ?

Eye contact

Avant même de parler de pression et d’intimidation, le regard du combattant a un enjeu bien plus basique.

Il faut tout d’abord capter tous les mouvements de son adversaire.

Ensuite, il faut réussir à attaquer sans que son regard soit perturbé.
Je m’explique.

Si vous avez tendance à ne pas fixer votre cible, mais à plutôt regarder ses yeux, puis ses épaules, ses pieds, ses mains, son coup… Alors vous êtes dans la mauvaise direction.

L’idée est de ne pas donner d’indices à son adversaire pour que ce dernier ne prédise aucun de ses coups.

Il ne faut PAS que le regard du combattant suive son coup, car l’adversaire pourra lire son jeu, ses stratégies.

Évidemment, vous devez conserver une vision périphérique, sous peine de manquer la lecture du jeu de votre adversaire.

Et à votre avis : où regarder lorsqu’on engage un combat ?

Je vous laisse deviner :

  • Les pieds ?
  • Les hanches ?
  • Le torse ?
  • Les poings ?
  • La tête ?
  • Fermer les yeux ?

La réponse évidente est la tête.

Mais c’est une réponse incomplète

Point important, j’ai constaté que lorsque l’adversaire a peur, il a tendance à se concentrer sur les poings (ou parfois les pieds en kickboxing) ou, souvent, à fermer les yeux.

Ceci est contre-productif, car le but, lors d’un affrontement, est d’avoir une vision d’ensemble, tout en étant alerte et en faisant travailler son cerveau.

J’aimerai y revenir rapidement avant de passer à la suite.

Travailler son cerveau ? Dans les sports de combats ?

Oui, tout à fait.

Il faut à la fois essayer de comprendre son adversaire, connaitre sa stratégie, quels sont ses coups/enchainements préférés, s’il a tendance à être agressif ou défensif, si je dois faire attention à ses contres, quelles attaques il arrive à parer/éviter…

Bref, à connaitre ses points faibles/forts et garder les miens secrets.

Tout cela, en étant pleinement dans le combat.

Cette capacité à être conscient au moment de l’affrontement s’acquiert avec l’expérience : au début, vous serez stressé et aurez peur des coups.

Mais au bout de quelques dizaines de séances, ça deviendra une routine et votre cerveau aura intégré que cette peur est finalement sans danger.

Vous pourrez alors vous focus sur les stratégies que vous pouvez appliquer, les techniques à utiliser.

Ces éléments font partie d’un tout, qu’on nomme l’intelligence de combat.

Mais revenons à la question de base.

Où faut-il regarder pendant un combat ?

Le regard est très important en combat

Il y a plusieurs options :

  • Le plexus en vision périphérique
  • Les yeux

Le plexus en vision périphérique

C’est l’endroit le plus classique où les boxeurs jettent leur attention.

Cela permet de voir le mouvement des épaules, des bras et des hanches.

Par exemple, quand l’adversaire fait partir son jab, on voit l’épaule et le coude qui se lève.

On gagne ainsi de précieuses secondes pour réagir et ainsi s’adapter à la situation (se protéger, contrer, esquiver).

Également, en voyant les signaux subtils que le corps de l’adversaire envoie avant chaque attaque, le combattant peut entraîner son propre corps à réagir de manière synchronisée et efficace.

Au bout d’un moment (on parle en année d’expérience), il sera possible d’anticiper les mouvements futurs.

Cette anticipation repose sur la reconnaissance de schémas de mouvement et de comportement chez l’adversaire, ce qui permet au combattant de prévoir ses actions et de les contrer de manière proactive.

Les combattants qui misent sur leurs contres font appel à cette anticipation pour leur assurer une victoire par KO.

Les yeux

L’adversaire n’est pas habitué à ce qu’on le regarde dans les yeux, cela a pour but de le déstabiliser.

Certains adversaires auront moins confiance en leurs capacités et vous le ressentirez.
Vous aurez davantage l’ascendant psychologique.

Vous pourrez en profiter pour passer l’offensive, avec un jab par exemple.

Petite astuce : plus votre regard dans les yeux de votre adversaire sera intense, plus l’adversaire sera déstabilisé, à la limite de la peur.

Vous devez également avoir une bonne vision périphérique.
Celle-ci viendra naturellement en pratiquant.

En effet, une bonne vision périphérique permet au combattant de détecter les feintes, les changements de direction et les attaques surprises de son adversaire, lui donnant ainsi un avantage stratégique.

Feintes d’indices

Vous pouvez également jouer avec votre regard du combattant.

C’est une forme de feinte : regarder l’adversaire dans les yeux et envoyer un coup au corps sera une surprise pour votre adversaire. Et inversement.

A faire de manière modérée cependant, car tout ce qui est utilisée en abondance, peut être anticipée par la suite.

Chaque mouvement de base peut servir de feinte, mais la plupart utilisent le jab, car c’est le coup le plus utilisé en MMA.

Je vous renvoie vers mon article sur le jab pour plus de détails.

Mais retenez que les principaux mouvements de jab pour faire des feintes sont les suivants :

  • Multiplier les jabs
  • Initier le mouvement d’un jab sans le terminer
  • Toucher les gants de l’adversaire
  • Lancer des jabs dans les airs
  • Tendre le bras sur les côtés
  • Lever/Baisser le bras
  • Bouger la main
  • Bouger l’épaule gauche

A vous de tester les différents mouvements.

Une concentration maximale à atteindre pour maximiser l’intensité du regard du combattant

Etat de flow

On peut parfois constater que certains fighters, en plein combat, détournent le regard vers leur entraineur, vers la foule ou le sol.

Cela traduit un manque de focus sur leur adversaire, ainsi qu’une difficulté à être dans l’instant présent.

C’est selon moi une erreur car, dans les arts martiaux comme dans tout autre sport, l’état de flow est à rechercher.

C’est un état mental où le sujet est en concentration maximale, pleinement conscient de ses capacités, mobilisant toutes ses ressources, physiques ou mentale, afin de parvenir à ses fins.

Généralement, cet état de flow est atteint par les grands athlètes qui ont été au bout de leurs limites à l’entrainement et qui, le jour où l’enjeu est fort (compétition internationale, grand évènement), sont dotés d’une énergie nettement supérieure à leurs capacités habituelles.

Ceci étant généralement dû à une forte adrénaline couplée à du stress, qu’ils ont su convertir en énergie positive.

Pourquoi donc les fighters détournent le regard ?

Par peur

C’est la raison principale.

La peur est un mécanisme d’auto défense : lorsqu’il y a un danger imminent, le cerveau envoie un signal au corps pour apporter une réaction chimique, entrainant une réaction.
Même si chaque personne va réagir différemment en fonction de ce signal, la majorité des personnes aura tendance à ne pas savoir quoi faire.

Pratiquer un art martial ou sport de combat permet de dépasser sa peur et de réagir de manière adéquate face à un adversaire dangereux.

C’est aussi ça les arts martiaux : le contrôle de soi et le recul nécessaire pour analyser, à froid, des individus menaçants.

La plupart des arts martiaux portés sur la self défense vont mettre en avant la protection à tout prix, afin de fuir dans les meilleures conditions et préserver ainsi son intégrité physique.

Les sports de combats, comme le MMA, le Muay Thai ou le Kickboxing vont privilégier l’affrontement, car la fuite n’est pas possible.
Ne visant pas à être au plus proche de la réalité (comme par exemple les agressions dans la rue), les sports de contact vont surtout préparer le combattant à pouvoir échanger des coups et à en prendre le moins possible.

L’apprentissage de la peur se fait donc naturellement, avec des exercices spécifiques.

Par manque de focus

Ça se travaille à la salle, mais pas que.

Le manque de concentration est un des fléaux du 21ème siècle.

Pour améliorer votre focus, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Prendre des vitamines et des minéraux (B9 et B12 notamment)
  • Couper de tout ce qui est superflu autour de vous (réseaux sociaux, TV)
  • Apprenez à profiter de plaisir/loisirs qui sollicitent votre capacité de concentration (lire un livre, jouer aux échecs)
  • Vous tenir loin de votre téléphone
  • Bien manger
  • Bien dormir
  • Travailler sa respiration

Le focus est comme un muscle : plus on le travaille et plus il grossit.

Le fait de pratiquer un sport, quel qu’il soit, en étant concentré, travaillera naturellement votre attention.

La visualisation : quand le regard du combattant porte plus loin

Visualisation

Un des outils utilisés chez beaucoup de fighters, comme dans les autres sports, est la visualisation.

Cela peut aider à rendre plus intense le regard du combattant, notamment le jour du combat.

Cela renforce la motivation et donne de l’assurance.

La visualisation, c’est le fait de vivre une action dans sa tête comme si l’on y était.

C’est un des nombreux outils de la préparation mentale et un des buts principaux est de renforcer la visualisation d’un objectif, renforçant ainsi la détermination.

Cette détermination qui se ressentira le jour J, dans les yeux.

Une visualisation efficace passe cependant par la répétition constante : en s’engageant régulièrement dans des sessions de visualisation, les combattants conditionnent leur esprit à adopter un état mental optimal le jour du combat.

Cette répétition permet de renforcer les connexions neuronales associées aux performances souhaitées, ce qui facilite leur manifestation dans la réalité.

Conclusion concernant le regard du combattant

Le regard du combattant, véritable fenêtre sur son âme et sa stratégie, est un aspect crucial de toute confrontation, qu’elle soit dans le cadre d’un sparring ou d’un combat professionnel.

Le regard, au sein d’un combat, est important pour plusieurs raisons :

  • Il peut vous éviter de vous blesser et de perdre le contrôle 
  • Il peut installer la peur chez votre adversaire
  • Il vous permet de comprendre la stratégie de votre adversaire

Avoir une intensité de regard peur jouer en votre faveur et orienter le combat.

Des exemples emblématiques, tels que Mike Tyson ou Fedor Emelianenko, illustrent parfaitement comment le regard peut être utilisé comme une arme psychologique, suscitant la peur et l’incertitude chez l’adversaire.

Même si cette agressivité est positive, il faut cependant toujours garder le contrôle sur ses mouvements.

Quant au regard, il faut l’orienter vers les yeux, le plexus, mais en aucun cas le laisser errer, pour que votre adversaire ne devine votre peur ou vos futurs enchainements.

De plus, les feintes d’indices sont souvent utilisées pour dérouter l’adversaire et créer des ouvertures dans sa défense. Ces techniques nécessitent une concentration maximale et une capacité à rester flexible dans sa stratégie.

Enfin, nous avons abordé les défis psychologiques auxquels les combattants sont confrontés, notamment la peur et le manque de concentration.

Par le biais de l’entraînement mental, de la visualisation et de la gestion des émotions, les combattants peuvent renforcer leur concentration et leur détermination, ce qui se reflétera dans leur regard le jour de la confrontation.

Le regard du combattant est donc bien plus qu’un simple outil d’observation. 

C’est une manifestation de sa force intérieure, de sa stratégie et de sa détermination.

En comprenant et en maîtrisant cet aspect essentiel du combat, les combattants peuvent améliorer leur performance sur le ring et atteindre de nouveaux sommets dans leur discipline.

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